"1,2 milliard de Martiens"

- Chap 2 : La Fenêtre Poubelle -  

Benoît SAINT GIRONS

 

“Pékin est plus propre que Paris” m'affirme un chinois tout en crachant par terre. Il est vrai en effet que l'on ne risque pas de marcher dans une crotte de chien dans la capitale chinoise : à quelques riches exceptions près, les chiens sont rares dans les villes. Il est vrai aussi que les autorités soignent les lieux touristiques et que pas un étudiant ne traîne sur la place Tiananmen. Mais Pékin reste peuplé de chinois et Pékin n'est pas la Chine.

Ne vous avisez surtout pas de vous promener le long d'une voie de chemin de fer. Ou alors, munissez-vous d'un casque de chantier. Un coup d'oeil à vos pieds et vous comprendrez pourquoi : chaque train déverse son lot de détritus et de bouteilles vides en verre qui explosent dans la nature. Tout balancer par la fenêtre est en effet une habitude culturelle. A tel point que des campagnes de sensibilisation étaient régulièrement lancées à la télévision de Hong Kong. Du genre : “Si vous jetez une bouteille du 30ème étage de votre immeuble et que quelqu'un se la prend sur la figure, ça peut lui faire mal et donc ce n'est pas bien !” Transposition locale de la mésaventure du pot de fleur : l'insouciance chinoise contre l'accident occidental; le danger culturel contre le risque de la ville...

Une canette de Jianlibao, une excellente boisson locale à l'orange et au miel. Deux inscriptions en anglais rappellent qu'il ne faut pas jeter la bouteille sur la voie publique. Aucune inscription en chinois. Logique. Interdire à un chinois de jeter ses papiers par terre équivaut à lui interdire de respirer : il essayera un moment puis sera obligé de reprendre ses habitudes.

 

  

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