"1,2 milliard de Martiens"

- Chap 6 : Le Yin et le Yang -  

Benoît SAINT GIRONS

   

En Chine, le mot épouse (qi) est composé de deux caractères : l'un désigne la femme, l'autre le balai ! Le caractère femme () évoque une épouse dans une attitude de soumission, à genoux, le dos et la tête inclinés. (1)  Le yin, principe féminin, représente également la partie de la colline qui est à l'ombre : le principe froid, lunaire, passif, nuageux, caché; la nuit, l'obscurité et le nord.  A l'inverse, le yang, principe masculin, désigne la partie de la colline qui est au soleil, ce qui est chaud, solaire, actif, lumineux, ouvert; le jour et le sud. L'homme (nan) est quant à lui représenté par la force travaillant aux champs.  Nous voilà donc d'emblée avertis : le rôle de la femme est historiquement d'ordre domestique; elle veille à la maisonnée et élève les enfants tandis que son mari travaille. Pour leur éviter de sortir et de prendre froid, les chinois leur avaient d'ailleurs longtemps bandé les pieds (la pratique fût interdite par Mao en 1949) et celles qui s'aventuraient à l'extérieur, avaient le choix entre plusieurs métiers prestigieux : prostituée, entremetteuse, devineresse, religieuse, sage-femme ou, bien sur, fermière.

Le fait que la chinoise puisse, une fois mariée, conserver son nom ne change rien : l'enfant mâle conserve la préférence et la politique de l'enfant unique conduit à la distorsion des lois naturelles : s'il nait naturellement 95 filles pour 100 garçons, il n'en nait que 85 en Chine. Cela représente tout de même 1 million de disparues tous les ans ! Avortements et infanticides sont plus efficaces pour déterminer le sexe de la progéniture que les recettes de grand-mère ! 97% des avortements seraient ainsi conduits à l'encontre de filles et si l'infanticide est légalement interdit, la loi de 1981 ne précise pas la peine encourue... Une chanson populaire du "Livres des poèmes" est éloquente : “ Lorsqu'un petit garçon naissait, on l'étendait sur un lit et on lui donnait du jade pour se distraire, tandis que s'il s'agissait d'une petite fille, on la couchait sur le sol et elle n'avait pour s'amuser qu'un morceau de tuile”. Cette chanson est antérieure à Confucius de plusieurs siècles. Mais ce sont bien sûr les réflexions de ce dernier qui influencèrent le plus - et continuent d'influencer - les rapports entre le yin et le yang au sein de la famille. La lignée familiale, le respect des ancêtres, ne seraient possibles qu'avec un petit prince. Le travail aux champs également : le gouvernement autorise donc les paysans à avoir un second enfant si le premier se révèle par malheur être une fille. La seconde tentative sera en général politiquement correcte...

Reléguée à la naissance au second plan par des coutumes d'un autre âge, la chinoise ne tarde pourtant pas à s'imposer en égal de l'homme. Le proverbe “L'homme est à la tête de la famille” était ainsi complété par “et la femme est le cou qui fait bouger la tête comme et quand elle veut”. La chinoise est en effet forte en gueule et forte tout court : à densité égale, les chinoises seraient plus robustes que les européennes (2). Devant tant de puissance, le chinois, en dehors de ses heures de travail, ne peut que s'incliner et filer droit. L'ancien Premier ministre Li Peng aurait ainsi déclaré lors d'un voyage officiel à Bucarest : “Je suis entièrement soumis à mon épouse. J'écoute tout ce qu'elle me dit”. L'égalité devant les tâches ménagères est un droit reconnu et il est très fréquent de voir les chinois prendre soin de leurs enfants, garçons ou filles.

A l'inverse, la chinoise a depuis longtemps rejoint ou pris la place de son mari aux champs (dans certaines région, du fait de l'exode des hommes vers les villes, 80% du travail serait désormais assuré par des femmes), à l'usine, au magasin, au bureau ou même au "Parlement" (21% des sièges leur sont attribués contre 6.4% en France !) Cette "égalité pratique des sexes" se traduit fort logiquement par une absence de courtoisie envers la gent féminine. “Les femmes et les enfants d'abord” se traduit en chinois par “Les enfants d'accord mais les femmes avec les hommes, à bâbord !” S'il s'agit de la mère, c'est un autre problème : selon un sondage réalisé à Taiwan, les chinois qui auraient à choisir entre le fait de sauver leur enfant, leur femme ou leur mère choisiraient leur mère à une écrasante majorité...

Tout gouvernement totalitaire que l'on soit, on ne perturbe pas impunément les lois naturelles et la préférence masculine de la naissance devrait bientôt offrir aux chinoises leur plus belle revanche. Education sexuelle ou non, les chinois vont en effet se rendre rapidement compte qu'il est difficile de se marier, et à plus forte raison de procréer, sans compagne. La pénurie d'épouse est pour bientôt. En 2020, il est prévu que plus d'un million d'hommes sera, chaque année, incapable de trouver une épouse.  Les candidats au mariage ont donc tout intérêt à correspondre au cahier des charges établi par leurs consoeurs : être riche, être citadin, être ambitieux, être grand (les moins d'1m70 sont qualifiés de “sous-homme”, “d'invalides” ou “d'handicapés”). On comprend mieux la frénésie des chinois à s'enrichir et à insulter les chinoises attirées par les étrangers : bien plus que leur épanouissement sexuel, c'est leur survie qui est menacée !

Ceux qui ne possèdent pas les qualités requises ont parfois recours à des pratiques que l'on croyait à jamais disparues : pour moins de 3.000 yuans (2.100 francs), ils s'achètent une femme préalablement kidnappée. “Les paysans achètent leurs femmes comme ils achètent une mule. Ils les traitent de la même façon et leur concèdent les même droits” écrivait Marc Boulet en 1988. (3)

Si un chinois avec une occidentale est considéré comme une personne nécessairement riche et influente, une chinoise se "promenant" en compagnie d'un occidental sera encore parfois traitée de “salope” ou de “prostituée”. Et comme la prostitution est interdite, la police se chargera de faire respecter la loi : l'étranger surpris dans un espace clos en compagnie d'une chinoise, même s'ils sont en train de faire une partie de go, en sera quitte pour négocier une amende. La chinoise se verra peut être quant à elle offrir un séjour 5 étoiles dans un centre de "rééducation"... Et cela marche aussi entre chinois : à Shaolin, les policiers ont un jour débarqué à 23 heures pour arrêter un couple illégitime et, par la même occasion, contrôler ma solitude. A Shanghai, plus de la moitié des détenus et 95% des détenues des centres de rééducation par le travail seraient des auteurs de “délits sexuels” (4)

Qu'il est loin le temps où la médecine chinoise préconisait aux chinois qui pouvaient financièrement se le permettre de renforcer leur force masculine yang au contact de multiples partenaires yin  en buvant à la “Fontaine de Jade” (5).  Mao Zedong a bien essayé de rétablir la tradition en couchant avec de nombreuses toutes jeunes filles mais son idéologie fut plus forte que son exemple. Officiellement, tout ce qui est "pornographique", c'est à dire en langage occidental, “érotique soft” est prohibé et avidement confisqué par les douanes chinoises. Tant pis pour les chef d'oeuvres littéraires de l'antiquité chinoise ! Le communisme n'est pas à un génocide culturel près !

En pratique, la Chine est toutefois bien moins frigide que son régime et les chinois bénéficient de toute une panoplie d'accessoires érotiques. Côté masculin : le beeper et le téléphone portable à la ceinture. Côté féminin : le mini-short et les vêtements transparents, voire peut être aussi les collants qui ne montent qu'en bas des cuisses et que certaines paysannes utilisent comme portefeuille. Lorsque les chinoises se mettront à porter de la lingerie fine, il y aura enfin une érection nationale au fourrage universel ! Le shopping offre également quelques "agréables" surprises : les cartes à jouer “vigorous and beautiful” (des fortes poitrines en maillot de bain) ou les multiples aphrodisiaques en vente libre en grande surface aux photos relativement explicites. Afin de rendre les produits efficaces, la représentation de la nudité est pour une fois tolérée : à peine quelques mosaïques sur les parties génitales... C'est une exception : les mannequins en plastique aux formes généreuses des magasins de vêtements ont tous des faciès d'occidentales. Comme me l'expliquait un chinois, il serait en effet impensable de dévêtir en plein jour des mannequins "chinois". La nudité reste une spécialité à dominante étrangère...

Un pays, deux systèmes”. Pourquoi tous les chinois rêvent-ils d'aller à Hong Kong ? Mais pour se rincer l'oeil bien sûr ! Depuis son rattachement à la mère-patrie en juillet 1997, Hong Kong est devenu en quelque sorte le sex-shop de la Chine. Difficile d'y rentrer : Pékin veille à ce que les visiteurs soient financièrement majeurs. Ensuite, c'est une question de goûts : spectacles de danses, Karaoke à "hôtesses", films érotiques dans quelques cinémas et partout en vidéo, accessoires en tout genre sur les marchés ou magazines à chaque coin de rue... Le choix est vaste mais respecte en principe l'interdit pornographique : les magazines importés subissent une cure d'amincissement et si "Penthouse" publie une version HKgaise, la cuvée locale est loin d'atteindre la crudité des versions occidentales. De même, les mineurs et les âmes sensibles ou vertueuses sont officiellement protégées : lorsque la T.V. diffuse "L'amant" de Jean-Jacques Annaud, c'est à dire une ou deux fois par an, les censeurs prennent soin de faire de la place pour les coupures publicitaires, toutes les quinze minutes. Le film prend tout de suite une autre dimension : l'héroïne décolle sur Cathay Pacific parce que son amant est “so XO” (tellement XO) et qu'il porte au poignet une “Rolex of Geneva”... Autant pour l'éducation sexuelle et/ou capitalistique des Hongkongais...

En Chine, l'éducation sexuelle est sensiblement plus compliquée : rares sont les chinois à avoir vu des cigognes ! Il y a bien dans les programmes scolaires officiels, depuis 1985,  un créneau pour cette matière mais il conviendrait d'abord d'expliquer aux professeurs de quoi il retourne afin d'éviter les accidents fâcheux. Le risque est d'autant plus grand que tout un appareillage sexuel est en vente libre dans les grands magasins : lors d'une de mes visites, un jeune chinois voulait à tout pris me vendre un "parapluie" rose fluo tout hérissé de renflements en plastique. Il côtoyait des dizaines de vibro-masseurs de tailles et de formes impressionnantes. Malgré cette concurrence, un sex-shop a ouvert ses portes à Pékin : "Adam et Eve".  Le nom est approprié : le sexe est certainement aussi familier des chinois que ces personnages bibliques, sans parler de la répression qui frappe la religion catholique non officielle...

Des  journaux de Hong Kong relataient en 1994 quelques aventures de chinois dans la chambre à coucher. Une chinoise avait sorti le couteau croyant apercevoir une... souris ! Un chinois se plaignait de l'infécondité de sa femme mais portait un préservatif lors de chacun de ses rapports... Un autre ne comprenait pas pourquoi sa femme était toujours vierge deux ans après leur mariage et trouvait les rapports sexuels douloureux. Explication :  il fréquentait le mauvais orifice... Une autre pensait qu'elle n'avait aucun risque de tomber enceinte puisqu'elle n'avait pas obtenu de certificat de mariage... Ces anecdotes, sans doute extrêmes, démontrent que la "notice explicative" reste ambiguë pour de nombreux chinois. Magazines et radios ont donc entrepris de clarifier un peu le mécanisme aux travers d'articles ou d'émissions dans le style “Cher Docteur, j'ai un petit problème...” La sexologie serait-elle en Chine un métier d'avenir ?

Deux chinois marchent en se tenant la main. Voilà qui est touchant. Vont-ils bientôt s'embrasser ? Impossible en public ! L'homosexualité (il y aurait entre 1 et 5% de gay chinois) est réprimandée en Chine ! Force est donc d'admettre qu'il doit s'agir de camarades. Les garçons avec les garçons; les filles avec les filles. Voilà sommairement résumée la règle des contacts physiques avant le mariage. Dans la discothèque de Shaolin, un chinois s'approche de moi : “Veux-tu danser avec moi ?” - “Non merci, je ne danse qu'avec des filles”  Autrement dit je ne danse pas puisque les filles dansent aussi entre-elles...

C'est peut être mieux comme cela. Car Big Brother veille au grain et sa police est toujours prête à aller regarder par le trou de la serrure lorsqu'elle a vent de relations illicites. Les impétrants en sont quittes pour une forte amende/dessous de table ou un séjour de quelques semaines à l'abri de leurs concitoyens vertueux. Pourtant, d'un autre côté, les chinois ont un besoin naturel de se toucher, de se frotter les uns aux autres, de se caresser,... Dans un sens, la nature est bien faite. Car des dortoirs d'écoles ou d'usines aux autobus bondés, les chinois ont tout loisir d'assouvir ou de développer leurs goûts tactiles. Et du coup, il en redemandent : un jeu dans ma première école de Kung Fu consistait à essayer de reconnaître, les yeux bandés, se camarades de classe en leur palpant le visage. Une scène également du film "Le dernier Empereur" de Bernardo Bertolucci où le jeune Pu Yi s'abandonne, protégé par un mince drap, aux mains de ses eunuques...

Mais le plus drôle est encore d'aller palper les muscles, prendre le bras ou tirer les poils du torse ou des bras des étrangers. - “Vous savez, dans mon pays, cela ne se fait pas” - “Ah non, c'est vrai. Chez vous, vous vous embrassez n'est-ce pas ?” - “Non. Mis à part ses proches ou s'il est homo, un homme n'embrasse que les femmes” - “Sur la bouche ?” - “Non, sur les joues. Il n'y a que sa femme ou sa petite amie que l'on embrasse sur la bouche.” - “Et entre hommes alors ?” - “On se sert la main. Mais on sert aussi la main des femmes que l'on ne connaît pas” - “C'est bien compliqué !” En ce qui concerne les relations mixtes, difficile en effet de faire plus simple que le système chinois : jusqu'à l'officialisation, une distance minimale de sécurité se doit d'être observée. Malheur à celui qui ouvre par inadvertance la porte des douches féminines. Même s'il n'a rien vu puisque la lumière était éteinte, il en est quitte pour une demi heure de concert canin et l'étiquette de maniaque sexuel jusqu'à la fin de son séjour ! Pour les amoureux, c'est un peu différent : s'ils ne peuvent toujours pas se "voir", ils peuvent dorénavant se tenir de temps en temps la main. Les couples sont tout aussi discrets en public : tout au plus autorise-t-on la femme à tenir le parapluie. Histoire sans doute de ne pas éveiller la jalousie de leurs concitoyens, voire de leur donner des idées obscènes. Il y aurait risque de révolution sexuelle !

“J'ai entendu dire qu'il y avait plein de prostituées en France” - “En nombre absolu, sans doute bien moins qu'en Chine. Et en pourcentage de la population, sans doute autant” - “Ce n'est pas possible : je n'en ai pas vu” - “C'est normal : elles sont plus discrètes qu'en occident puisque c'est officiellement interdit. Elles sont surtout localisées dans les grandes villes ou destinations balnéaires telles que l'île de Hainan. Mais elles sont là. En France, on va “voir les putes” : certaines rues leurs sont quasiment réservées. En Chine, elles nous contactent directement dans la chambre ou nous abordent discrètement dans la rue.” Evidemment, on a plus de chance d'en apercevoir si l'on a une belle montre au poignet... Quant aux pseudo prostituées prêtent à n'importe quel mariage pour obtenir une nationalité, elles sont certainement autant légion que dans tous les autres pays en développement. Voire plus nombreuses, la chinoise étant naturellement attirée par ce qui brille et suffisamment forte psychologiquement pour ensuite entamer une procédure de divorce. La Chine n'est heureusement vertueuse que dans ses statistiques officielles !

 

Plus sérieusement...

En matière de sexualité, la Chine se trouve un peu dans la même situation que la France d'après-guerre, à la différence que la police française se rendait rarement dans les chambres à coucher. Mais d'après un policier chinois, ces visites et arrestations - dont je fus un jour le témoin - ne sont pas systématiques : “S'il y a des sentiments, il est possible de coucher avant le mariage” - “Comment savez-vous s'il y a des sentiments ?” Pas de réponse. "Sentiment" signifie-t-il "relation" ou "pot de vin" ? Quoi qu'il en soit, si les adolescents chinois ont la langue bien pendue lorsqu'ils questionnent la sexualité des occidentaux, ils semblent vivre leur abstinence sans grande difficulté. Il faut dire que pas grand chose ne vient encore perturber leurs sens. Un chinois en France serait bien plus mal à l'aise : toute cette nudité dans les média, tout ce commerce erotico-pornographique, toutes ces discussions à caractère sexuel lui feraient rapidement prendre conscience de certains détails de son anatomie...

Car le chinois n'est pas moins sensible à ce genre d'arguments que les autres. “Je n'ai pas encore trouvé un homme qui soit autant amoureux de la vertu qu'il l'est de la beauté féminine” notait Confucius.  Comme en témoigne Robert Van Gulik (5), les chinois avaient en effet dans l'antiquité une grande érudition pour la chose.  Aujourd'hui, il suffit de voir le nombre de jolies filles qui papillonnent autour des chinois fortunés ou la recrudescence des "concubines" dans les villes proches de Hong Kong pour se rendre compte que le chinois aspire à nouveau à son épanouissement sexuel. Dès qu'il peut financièrement se le permettre, il se hâte de compenser, à l'aide si besoin d'aphrodisiaques, sa jeunesse sexuelle perdue...

Si les traditions familiales restent fortes, un nombre croissant de jeunes y désobéissent. On les recrutera surtout dans les grandes villes et au sein des strates éduquées de la population. A l'échelon national, 25% des étudiants universitaires auraient déjà eu un rapport sexuel. “Beaucoup plus à Shanghai” selon une chinoise qui connaissait bien la question. A Hong Kong, une technique expérimentée par un anglais a fait ses preuves : promettre le mariage et emmener la chinoise sur une île tropicale... Dans tous les cas, le sexe pour le sexe le soir même reste rare et, s'il existe, est surtout l'apanage des électrons libres. La norme consiste toujours en une rencontre plus ou moins arrangée par la famille ou les amis suivie d'une période de romance plus ou moins sexuelle (plutôt moins que plus) d'où découlera un mariage et une union stable. Si le divorce est autorisé, il est psychologiquement et politiquement découragé : la séparation est ressentie comme une perte de face et les divorcés savent qu'ils auront des difficultés pour se reloger, les logements "publics" étant réservées, tant en Chine qu'à Singapour, aux vertueuses familles confucéennes.

En France, pays de liberté sexuelle et de concubinage, un mariage sur trois débouche sur le divorce voire même un sur deux à Paris et dans les grandes agglomérations (un sur dix en Chine, le plus souvent à la demande des femmes), entraînant des familles de plus en plus éclatées. Peut-être est-ce du au fait, comme le remarquait Lin Yutang à propos de l'image de la femme que “les occidentaux pensent en terme de sex-appeal, alors que nous autres chinois, pensons en terme de Maternité”. L'occidental se marie avec passion. Le chinois avec raison. Or, comme le dit un dicton chinois “La passion ne durera que l'espace d'une ou deux lunes. Par contre, le mariage se doit de durer toute une vie”. Devant une telle sagesse et au vu de la réelle force et solidarité des familles chinoises, souvent composées de trois générations vivant sous le même toit, il me semble que le français individualiste ne peut que s'éclipser sur la pointe des pieds en s'excusant du dérangement...

 

Survivre en Chine...

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(1) Edoardo Fazzioli "Caractères chinois"  Op. cit.
(2) selon un article du magazine "Sports & vie", sept-oct 1995
(3) Marc Boulet "Dans la peau d'un chinois" Edition Barrault, 1988
(4) Bernard Degioanni  "Des vélos plein la tête"  Editions France-Empire, 1991
(5) Les personnes intéressées par ce vaste sujet pourront consulter le très sérieux ouvrage de Robert Van Gulik, "La vie sexuelle dans la Chine ancienne" aux éditions TEL Gallimard, 1971


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