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Chap 13 : Shaolin : un mauvais Disneyland ? -
Benoît SAINT GIRONS
Shaolin, le "Temple" Shaolin, est célèbre dans le monde entier pour son art du Kung Fu et ses moines guerriers. Tous les pratiquants en arts martiaux ont un jour ou l'autre fantasmé sur le mythe Shaolin : apprendre des techniques secrètes de combat dans le cadre paisible d'un monastère millénaire, partager la sagesse et la méditation des moines bouddhistes, vivre simplement, à l'abri des contingences du monde, hors du temps, le temps d'endurcir son corps et son esprit au travers d'exercices traditionnels...
Déception à l'arrivée : ni Mickey ni Dingo n'accueillent les visiteurs à la descente du bus ! Picsou, par contre est au rendez-vous : 40 yuans l'entrée c'est à dire 1/10ème du salaire mensuel moyen d'un chinois ! On l'aura compris: le Kung Fu "art" s'est transformé en Kung Fu "business" et les moines en singes savants domptés par Pékin à coups de cartes de crédit. Plusieurs fois dans le passé, le temple a été détruit, les moines ayant eu le mauvais goût de se mêler de politique et de prendre partie pour les causes qui leur semblaient justes. Aujourd'hui, le temple est debout mais la morale est au tapis et le gouvernement, organisateur du combat, compte ses sous : Shaolin est un pôle touristique majeur, un lieu de pèlerinage pour fidèles ayant perdu la foi et, pour la plupart des visiteurs étrangers, un “mauvais Disneyland”
Le jugement est sans doute sévère : Shaolin n'a rien a envier aux parcs Disney du point de vue de l'aseptisation : pas une pensée spirituelle n'émerge. Les GM ("Gentils Moines"), en particulier, font bien attention à ne pas rompre l'atmosphère capitalistique du lieu. Le règlement du parc est strict et leur emploi obéit à un rituel et à un code de conduite précis : fumer, boire, manger de la viande, conduire une moto avec une fille à l'arrière et, une fois que l'on a bien bu, s'exercer au Kung Fu contre des civils à la piscine !
Les attractions sont également de grande qualité : le cinéma panoramique 360° et son film sur les "effets spéciaux" du Kung Fu (comment porter une table avec ses dents ou fracasser une brique à coup de tête), le temple Shaolin lui même avec ses escaliers toboggans et ses statues à escalader, le Monastère Shifang, juste en face, véritable galerie kitsch des sentiments humains, une volière ou encore le “Shaolin Scientific Illusion Club” c'est à dire un cinéma "dynamique" déconseillé, comme le signale l'affiche en mauvais anglais aux “bébés non accompagnés”. Voilà ce que promet le ticket d'entrée. Mais, de même que dans les parcs occidentaux, de nombreuses autres surprises attendent le visiteur : la forêt des pagodes (l'attraction la plus réussie), ou encore la montagne russo-chinoise à gravir pour accéder aux pieds d'un Bouddha pâlichon. Le visiteur en a donc pour son argent et, s'il lui en reste, les vendeurs de souvenirs et de snacks se chargeront, tous les deux mètres, de le lui rappeler. Il pourra également s'orienter vers les attractions payantes du parc : l'avion de Mao Zedong, un énorme Bouddha, le téléphérique pour admirer le paysage à la chinoise c'est à dire sans se fatiguer et enfin, si l'on a le temps, les détritus du Mont Shaoshi...
Si les chinois ont fait du bon travail du côté du produit, l'approche marketing laisse sans doute encore un peu à désirer : "Shaolin" a encore une trop grande connotation spirituelle. De fait, lorsqu'un visiteur d'importance décide de visiter Shaolin, les autorités locales se doivent d'organiser un toilettage de circonstance bien peu commode : tous les vendeurs "à la sauvette" sont priés de se cacher plusieurs jours... "Moneyland" serait donc à la fois plus approprié et plus pratique mais les responsables de chez Disney risquent de crier au plagiat. Je suggérerai donc plutôt "Kung Fu Land", histoire de rappeler que, derrière les magasins, plus de 70 écoles forment près de 14.000 étudiants.
Côté pile : un parc d'attractions bien rentable. Côté face : un centre de formation pour futurs policiers, militaires, professeurs de Kung Fu, movie-stars ou... handicapés. L'entraînement relève en effet plus du stage commando que de la partie de cache-cache et il faut une sacrée motivation pour résister à 7 heures (en moyenne) d'exercices par jour sur plusieurs années ainsi qu'aux coups de bâtons des entraîneurs. Les gamins de 6 ans ne sont pas les moins enthousiastes : c'est plus amusant qu'aller à l'école et le Kung Fu est une bien meilleure carte de visite que l'instruction. Après une école (de Kung Fu) maternelle quelconque, les enfants les plus doués (ou ceux qui ont le plus de relations) auront peut être le privilège d'être admis dans le saint des saints, le Monastère, afin de recevoir une formation physique et capitalistique plus pointue. Après une dizaine d'années de sacrifices, parvenus à l'âge adulte, la plupart décideront de quitter l'habit qui fait le moine afin de faire fructifier en toute liberté leurs connaissances. D'autres, par commodité marketing, préféreront rester au temple et diriger leurs affaires de l'intérieur. La vie monacale style Shaolin n'est de toute façon pas bien contraignante.
Une équipe de T.V. vient faire un film sur Shaolin. Les chinois ont décidément beaucoup de chances : les média étrangers s'intéressent toujours autant à leur Kung Fu. Pendant une semaine, la petite équipe de reporters va donc collecter de précieuses informations et de précieux documents sur ce que Shaolin n'est absolument pas au quotidien, sur ce que les chinois ont voulu leur faire voir, sur ce que les interviewés ont été psychologiquement obligés de dire... Autant pour le mythe Shaolin. Après avoir visionné le joli et politiquement correct reportage, les étrangers débarquent. Souvent jeunes et naïfs, ne connaissant pas le prix des choses, ils sont, dès leur descente du bus (et parfois même avant) la cible privilégiée des rabatteurs : “Tu viens étudier le Kung Fu ? Non non, pas cette école là ! Eux, leur Kung Fu n'est pas bon !” Ensuite, la question n'est pas de savoir si l'on va se faire arnaquer mais de savoir de combien et comment l'on va se faire arnaquer. Les escrocs jouent sur deux registres : ce qu'ils demandent financièrement, d'une part, et ce qu'ils promettent moralement, d'autre part.
Le jeune allemand est tout content : il a négocié le prix de son mois de Kung Fu de 16.000 à 9.000 yuans. Manque de chance, c'est ce que les chinois de son école payent pour 6 ans ! Pour ma part, tous les “pas de problème, c'est possible !” se transformèrent, dès que l'argent fût donné en “ce n'est pas possible, il n'y a pas !”. Un professeur particulier ? “D'accord, on peut te donner un professeur, mais son Kung Fu ne sera pas très bon.” - “Il était convenu que j'étudie avec untel !” - “Ça, ce n'est pas possible !” Une salle de bain et de l'eau chaude ? “Demain , tu pourras te laver” - “Ça fait une semaine que vous me dîtes ça !” - “C'est que la salle de bain ne nous appartient pas !” - “Et vous ne le saviez pas avant ?” Un logement au sein de l'école ? Au bout d'un mois, ils me demandaient de quitter les lieux : “Il n'y a pas assez de place pour les autres étudiants” Un entraînement satisfaisant ? Les cours n'avaient jamais lieu à la même heure, le professeur était absent une fois sur deux et la course et autres exercices de cardio-training constituaient l'essentiel des leçons. Pour arranger les choses, le "moine" directeur avait la chaleur d'un glaçon dans un freezer. Malgré la véritable sympathie de mon professeur et de ses étudiants et leur offre de rester étudier gratuitement (je n'avais encore payé que le premier mois), je décidais de changer d'école.
Cela s'annonçait fort bien : mon "ami" chinois m'avait obtenu d'étudier avec le professeur officiel des étrangers. Ce dernier devait m'enseigner deux heures par jour. Le reste du temps, je m'entraînerais avec ses étudiants particuliers dans les montagnes. Les premières leçons furent excellentes : j'appris plus de Kung Fu en trois jours que lors du mois précédent. Mais, très vite, l'intérêt retomba : les deux heures par jour se transformèrent rapidement en 10 minutes et “entraînement avec mes étudiants” en répétition des mêmes mouvements en solitaire. Prétextant d'un réel mal de tête, j'interrompis mon mois au bout de 17 jours, demandai et obtins le remboursement des jours non courus.
La troisième tentative sembla être la bonne : une école de taille moyenne isolée sur les hauteurs, une équipe dirigeante et des professeurs plus intéressés par l'enseignement du Kung Fu et les relations humaines que par leur enrichissement personnel, une excellente réputation et sans doute également moins d'exigences et d'attentes de mon côté. L'école idéale telle que se le figurent les occidentaux n'existe pas en effet (du moins pas encore) : lorsqu'on s'entraîne de 6 à 9 heures par jour, l'entraînement à la chinoise devient très vite rébarbatif. Car si les armes et les figures sont très variées, l'échauffement et les étirements sont bien monotones, voire décourageants lorsque l'on compare leur souplesse à la nôtre...
La plupart des étrangers sont toutefois des touristes du Kung Fu : ils pratiquent déjà dans leur pays et ont réservé, de leur école, un séjour "perfectionnement" de quelques semaines à Shaolin. Direction "Wushuguan", l'école officielle des étrangers. Cela coûte très cher, de 20$ à 60$ par jour, logement en hôtel compris mais les laowai sont à l'abri des intempéries et du soleil (entraînement en salle), des chinois (entraînement entre touristes), de la fatigue excessive (deux fois deux heures seulement par jour) et, théoriquement, des mauvais professeurs. Il est toutefois difficile de parler de cours particuliers : durant les mois d'été, les coups de pieds finissent souvent dans l'oeil de son voisin et les professeurs sont débordés. A l'inverse, en saison creuse, lorsqu'on est l'unique étudiant, les professeurs ne semblent se déplacer que s'il y a pourboire à la clé. Et si le pourboire est conséquent, alors l'élève fortuné aura peut-être la chance de devenir le "disciple" du professeur. Une cérémonie sera organisée au sein même du temple en présence des "moines" pour officialiser l'intronisation. Que le laowai ne soit en rien bouddhiste n'est pas gênant. Qu'il reparte le lendemain dans son pays importe peu. Ce qui compte est de créer un lien affectif qui assurera en cas de retour de l'élève le lien financier. “La relation du disciple envers son maître est la même que celle d'un enfant envers son père” J'eus envie d'ajouter : “à la différence que l'argent de poche va dans l'autre sens !” Je m'abstins. On ne blasphème pas avec le Bouddhisme made in Shaolin !
Même problème avec les hôtels du gouvernement : l'eau chaude ne fonctionne qu'au delà d'un certain seuil de laowai. Outre qu'il était arrivé à la mauvaise saison, un ami avait la malchance d'être affligé de plusieurs tares : il avait négocié le prix de son pays, avait payé d'avance, s'entraînait dans une autre école, ne parlait pas chinois et, surtout, était bien trop bonne pâte. Il se retrouvait donc à payer 250 yuans par jour (rappelons que je payais 150 yuans par mois) pour une chambre sans chauffage et sans eau chaude. Frileux de nature, il en était arrivé à allumer la T.V. pour essayer de se réchauffer. Quant à sa toilette, il avait une fois demandé au Directeur de l'hôtel de lui donner les 4 yuans nécessaires pour aller se laver dans les bains publics. Il les avait obtenus ! Mais j'ai sans doute tord de critiquer l'hospitalité des fonctionnaires chinois : mon ami profitait tous les soirs de 20 à 23 heures, sans quitter sa chambre et sans supplément de prix, du Karaoke de l'hôtel !
Plus sérieusement...
Sans doute plus encore que les autres chapitres, ce qui précède est l'extrapolation pessimiste d'une certaine réalité. Il est bien évident que des moines ne se battent pas tous les jours à la piscine (elle est fermée en hiver), que tous ne sont pas télécommandés par l'argent de Pékin (ils en gagnent suffisamment eux même) et que certains respectent même les enseignements bouddhistes. De même, comme nous l'avons vu, toutes les écoles ne cherchent pas à détrousser les occidentaux : certaines affichent clairement les tarifs et les prestations qu'il faudra ensuite négocier, d'autres acceptent des sommes plus proches des réalités chinoises sans promettre la lune. Enfin, des professeurs sont heureusement guidés par leur passion du Kung Fu, en dehors de toute considération financière. Ils tendent cependant à se faire rare, les meilleurs "fuyant" à l'étranger. De mon point de vue d'élève débutant, c'est pourtant grâce à eux que Shaolin a encore quelque chose à offrir : allié à un rythme intensif, leur enseignement est gage de progrès bien plus rapide qu'en occident. Plus tard, Shaolin est également intéressant : plusieurs vies ne suffisent pas à maîtriser toutes les techniques et Shaolin est le lieu de résidence de toutes ces vies. Le perfectionnement en Kung Fu passe donc encore souvent par la case Shaolin... Ajoutons, pour terminer ce paragraphe, que le lieu, une fois la surprise passée et les touristes partis, n'est pas dénoué de charme. Shaolin n'est pas un “mauvais Disneyland” !
Il n'empêche : la plupart des étrangers repartent déçus. Cela, les chinois n'y peuvent rien : les fautifs sont surtout les occidentaux ayant eu un contact direct ou indirect avec le lieu et qui, par commodité marketing, s'empressent de diffuser de fausses informations. Un exemple entre autre est celui de David, ce jeune allemand de 11 ans qui passa près d'un an à Shaolin. Un documentaire allemand de 1996 diffusé par Arte relate son expérience. Sa mère aurait même écrit un livre sur l'extraordinaire aventure de son rejeton. Inutile de dire que la réalité fût bien plus cruelle que l'histoire "officielle". Au dire des étrangers qui l'ont côtoyé, il ne se plaisait pas dans son école et vivait dans un état tellement misérable que certains de ses compatriotes durent lui offrir à manger et lui payer des douches ! Tout cela prêterait à sourire si sa mère ne continuait pas à recommander l'école en question. Touche-t-elle une commission ? Son fils lui a-t-il menti (En regardant le documentaire une seconde fois, après mon séjour, j'ai pourtant l'impression que David est sur le point de sangloter) ? Ou bien est-ce dans la logique de son histoire et de la "célébrité" de son fils ? Quoi qu'il en soit, la plupart des allemands se dirigent dès leur arrivée vers cette école et la quittent mécontents au bout de quelques semaines. Car si l'entraînement des chinois y semble correct, les professeurs et dirigeants ne savent visiblement pas comment traiter les occidentaux sinon en les allégeant de leur argent...
Les professeurs de Kung Fu ayant appris leur art à Shaolin ne sont pas en reste. Mettons-nous à leur place : ils cherchent à attirer des élèves, vont-ils cracher dans la soupe ? Evidemment pas. Ils vont plutôt inventer des légumes imaginaires et même y rajouter de la viande ! Là aussi, ce sont des histoires d'allemands qui illustreront mes propos (le Kung Fu est un business florissant en Allemagne). Alors qu'il étudiait à Shaolin, mon ami eu vent de la concurrence déloyale d'un de ses compatriotes rentré à Berlin. Ce dernier lui piquait des élèves en faisant courir le bruit que lui seul avait étudié au Temple. C'était exact : il avait effectivement étudié dans l'école située à l'intérieur du Temple. Mais de là à prétendre avoir étudié en compagnie de moines des techniques secrètes du Kung Fu, il n'y a qu'un pas... aisément franchi dans l'esprit des naïfs étudiants. Ecrivons le bien lisiblement : les techniques "spéciales" sont hors d'accès des étrangers (et de la plupart des chinois); les étrangers qui prétendent avoir été moines ne mentent pas forcément mais exagèrent sans doute (ou laissent les autres fantasmer sur) la signification réelle de leur situation; les faux moines (chinois ou occidentaux) sont légions et les vrais moines ne sont pas forcément tous recommandables. Bref : l'important n'est donc pas d'étudier au Temple ou avec des moines hypothétiques mais ce que l'on étudie, comment on l'étudie et, le plus important, la satisfaction que l'on en tire. La qualité d'une école ne repose pas sur un "titre" mais sur une méthode, une atmosphère et un enthousiasme. Avant d'être un business, le Kung Fu est une passion !
Survivre à Shaolin...
Le mythe Shaolin : ce que l'on vous dit, ce que vous avez vu à la T.V. ou ce que vous avez lu n'est sans doute pas la réalité mais plutôt l'interprétation par un individu de sa réalité. Cette partie ne fait pas exception à la règle : vous seul êtes capable de juger véritablement Shaolin.
Le coût Shaolin : Pour un étranger, il devra être compris entre 300 et 1.500 francs par mois, nourriture incluse ou en supplément (compter alors de 10 à 15 francs par jour). Pour les "touristes" du Kung Fu, c'est évidemment bien plus cher et donc plus rentable pour les organisateurs.
Les moines Shaolin : L'une des écoles à faire le plus de "dégâts" est dirigée par un moine et possède des rabatteurs au sein même du temple. A l'inverse, le professeur star de l'école officielle n'aurait de moine que le nom... Encore une fois, le titre n'a aucune importance : c'est la personnalité du professeur qui compte !
Le Kung Fu Shaolin : Le Kung Fu du nord de la Chine est extrêmement frustrant dans le sens où il est bien trop riche et demande énormément de souplesse. Mieux vaut donc savoir ce que l'on veut étudier avant d'aller frapper à la porte d'une école (ou suivre un rabatteur). Les formes ? Le combat ? Il n'y a pas pour l'instant de cours réguliers et performants de Qigong, de Taijiquan ou de méditation à Shaolin.
La méthode Shaolin : Lever la jambe toute la journée, répéter les même figures sur plusieurs mois,... Shaolin abuse de la patience des occidentaux mais c'est la méthode chinoise : ces derniers ont quatre ans pour progresser! C'est donc lent. Très lent. En tant qu'occidental ,vous êtes habitués à plus d'originalité dans les leçons, à moins de routine, à plus d'attention et de suivi de la part du professeur. Les chinois ne comprennent pas que l'on veuille apprendre quelque chose de nouveau tous les jours. Pour eux, ce n'est qu'une fois la perfection atteinte que l'on passe à autre chose et seuls les bons élèves méritent de progresser !
Les professeurs Shaolin : En tant qu'occidental , vous échapperez sans doute aux coups de bâtons. Mais il vaudrait mieux également que vous échappiez à la torture de l'assouplissement qui consiste pour le professeur à grimper sur les jambes de l'élève pour le forcer à faire le grand écart. Peu de professeurs de Shaolin auraient le droit d'enseigner le sport en France...
Les touristes de Shaolin : Si vous ne souhaitez pas être observés toute la journée, isolez-vous sur les hauteurs !
Le logement à Shaolin : La police locale semble avoir accepté l'idée que des étudiants occidentaux puissent vivre dans des logements à la chinoise pour quelques centaines de yuans par mois. C'est une bonne nouvelle en terme d'économie (pas en terme de confort!) mais cette tolérance peut être remise en cause du jour au lendemain...
Le séjour à Shaolin : Au printemps, il pleut. En été, il fait chaud. En automne, il fait bon. En hiver, il fait froid et la plupart des étudiants rentrent chez eux, notamment pour le nouvel an chinois. La période "acceptable" d'entraînement s'étale donc de mi-avril à mi-novembre. A moins que vous étudiiez dans l'école officielle, vous ne pourrez pas obtenir de visa "étudiant". Si certains occidentaux bien connectés ont réussi à faire prolonger leur visa touristique bien au delà de la normale, la majorité doivent se rendre à Hong Kong tous les 4 mois (visa touristique) ou tous les 6 mois (visa "business").
L'optimisme à Shaolin : Y aura-t-il un jour une école vraiment adaptée aux besoins des occidentaux ? Une école avec des grades et des examens ? Une école où il sera possible d'apprendre le meilleur de tous les arts martiaux chinois et non plus seulement le style du Nord ? Une école alliant la spiritualité et la méditation à un enseignement sportif de haut niveau ? Une école dont l'un des directeurs serait un occidental ? Une école à l'abri des touristes et au coeur des montagnes ? C'est en tout cas le projet dont j'ai abondamment discuté avec l'actuel directeur de mon école. Le projet se heurte encore à un problème de financement. Mais pour ceux qui peuvent attendre quelques années, leur patience pourrait être récompée...
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